Comment bien tailler les oliviers ?
13 conseils d'experts

Fort d’une expérience de plus de 40 ans dans l’univers de l’oléiculture mondiale et de recherches menées dans le cadre de son « verger d’oliviers », PELLENC est aujourd’hui en mesure d’apporter des conseils précis et fiables pour optimiser les opérations de taille.
L’enjeu : des récoltes d’olives plus régulières, un volume de production supérieur et une meilleure longévité du verger.

 

Effectuer une taille de formation

 

En créant tout d’abord un tronc le plus droit possible à l’aide de tuteurs solides d’une hauteur de 70 cm minimum. Sélectionner ensuite 4 à 6 charpentières (branches maîtresses) les plus près possible de la cime du tronc, érigées de telle sorte qu’elles puissent rapidement former un angle d’environ 30 degrés d’ouverture par rapport à la verticale en haie fruitière et jusqu’à 70° en gobelet traditionnel.

 

Préserver l’homogénéité de l’arbre

Une fois l’arbre formé, il convient de garder 3 "paliers" de branches maximum sur chacune des 4 à 6 charpentières. Si des branches se forment entre ces "paliers" ou si des rejets poussent très haut, mieux vaut les couper. De cette manière, la charge des olives sur l’ensemble de l’arbre est bien répartie.

Réaliser une taille annuelle

 

 

Afin de respecter le cycle biologique de l’olivier, rajeunir en permanence les unités de production de l’arbre et éviter un vieillissement prématuré des structures aériennes.

 

Bon à savoir

Sur les oliviers plantés en « haies fruitières », certains oléiculteurs utilisent des barres de coupe pour réduire le volume de végétation. Ces outils aux performances spectaculaires ne peuvent pas être considérés comme des outils de taille définitive. Ils agissent à l’aveugle et ne respectent aucun principe de développement physiologique de l’olivier. Ils sont à utiliser en alternance avec la taille manuelle (1 année sur 2 ou 1 année sur 3) avec l’assistance d’outils électriques qui permet de sélectionner et de ne couper que le bois non productif et ainsi éviter le vieillissement prématuré du verger.

Aérer la végétation en zone centrale



En supprimant le bois dur ayant porté des olives au profit du bois qui a poussé l’année précédente. Ainsi, vous laissez la place à de nouvelles structures rapidement porteuses de bois souples productifs d’olives.

 

Dégager soigneusement la frondaison

Et la maintenir dans un volume le plus constant possible pour faciliter la pénétration de l’air et de la lumière. Attention toutefois à ne pas trop découvrir le sommet de l’arbre. En été, si le feuillage en haut de l’olivier est trop clairsemé, le soleil à son zénith risquerait de brûler le bois et d’abîmer les olives.

Bon à savoir

Ce travail peut nécessiter la suppression de bois de forte section à l’aide de petites tronçonneuses électriques parfois montées sur perche. Pour les haies fruitières, un travail à partir du sol au moyen de sécateurs sur perche contribuera à la sélection de deux ou trois cimes qui garantiront le développement harmonieux de l’architecture située au-dessous.

 

Préserver le feuillage de l’olivier

En effet, l’olivier se nourrit en grande partie par ses feuilles à travers le phénomène de photosynthèse. Un olivier bien feuillu est donc souvent le signe d’un olivier en bonne santé, prêt à produire de belles olives.

Adapter la taille au type de récolte

Lorsque la récolte se fait au peigne vibreur à olives, mieux vaut avoir un arbre qui s’étend à l’horizontale plutôt qu’à la verticale. En effet, il sera difficile d’atteindre les cimes des arbres avec un outil à main. Pour une récolte avec vibreur de tronc, comme l’intensité des vibrations diminue plus on s’éloigne du tronc, mieux vaut avoir un arbre ramassé avec plutôt des branches qui se développent dans la hauteur.

 

Limiter la hauteur des arbres proportionnellement à la distance entre les rangs

Par exemple, pour une interligne de 5 m, il convient de limiter la hauteur des arbres à 3,75 m. Cela permet de favoriser l’ensoleillement de la totalité de l’arbre et par conséquent de stimuler la production d’olives tout en facilitant la récolte mécanisée.

Marquer les branches sur lesquelles les olives ne tombent pas

Lorsque la récolte s’effectue au vibreur de tronc, il arrive que certaines branches, souvent trop éloignées du tronc, gardent une partie de leurs olives. Au moment de la récolte, il suffit de faire une marque sur les branches encore pleine d’olives et de les supprimer pendant la période de taille. Petit à petit, l’arbre va ainsi se former de manière à optimiser les futures récoltes

Supprimer les bois de gros calibre

 

 

Afin de favoriser l’émergence de jeunes rameaux souples à l’intérieur de la végétation sur lesquels se développeront des unités fructifères, notamment par le phénomène d’arcure naturelle.

Couper les rejets au niveau du tronc

Appelés aussi « gourmands », ou encore rameaux, ils détournent une partie de la sève, affaiblissent l’arbre et nuisent au développement des fleurs et des fruits. Inutile d’attendre la fin de l’hiver pour les supprimer.

Plus ils sont petits, moins ils occasionnent des plaies de taille susceptibles de devenir une porte d’entrée pour les champignons et autres pathogènes.

Attendre la fin des gelées

Bien que les périodes de gel soient moins importantes aujourd’hui, les oléiculteurs privilégient généralement une taille des oliviers à la sortie de l’hiver, entre les mois de mars et d’avril.

Entretenir et stériliser les outils de taille

Quel qu’il soit l’arbre à tailler, il est primordial d’avoir du matériel bien affûté et désinfecté. Frotter les lames avec un chiffon imbibé d’alcool à 90° ou d’alcool à brûler permet d’éliminer les virus, bactéries et autres champignons.

« Des outils d’assistance à la taille rendent les opérations plus rapides et beaucoup moins exigeantes sur le plan physique »

Christian Argenson,
Agronome de formation, ancien directeur de l’association France Olive et passionné d’oléiculture depuis le début des années 1970
Pourquoi est-il si important de tailler les oliviers chaque année ?

L’olivier fructifie sur le bois d’un an. Chaque fois qu’on va le tailler, on favorise la production de bois qui portera l’an prochain. La taille permet également de contenir le développement de l’arbre. Géant, il produit moins bien car il a besoin de beaucoup d’énergie pour être alimenté sur toute sa hauteur. Tailler un olivier régulièrement permet d’avoir un équilibre relativement stable et de maintenir une bonne production, à peu près identique d’une année sur l’autre.

Quel est le matériel le mieux adapté à la taille des oliviers ?

La technique a mis à disposition des opérateurs des outils d’assistance à la taille rendant les opérations plus rapides et beaucoup moins exigeantes sur le plan physique. Il s’agit de sécateurs électriques ainsi que de tronçonneuses du même type. PELLENC a innové avec des perches spéciales qui permettent de couper les cimes des oliviers les deux pieds au sol. Cela évite de perdre du temps à installer un chevalet ou des plates-formes de taille.

Combien de temps prennent les opérations de taille des oliviers ?

Sur des vergers de type « plein vent », il faut compter environ 30 heures de taille par hectare. Pour des vergers plantés en haie fruitière, 20 à 22 heures de taille par hectare peuvent suffire.

Une mécanisation complète de la culture des oliviers est-elle possible ?

Depuis une quarantaine d’années, de gros travaux de recherche ont abouti à la mise au point de solutions efficaces en termes de mécanisation des opérations de récolte. Des solutions intégrales supprimant la main de l’homme existent depuis bientôt trente ans pour les oliveraies installées en haie fruitière. Sur certains types de vergers, on peut imaginer aboutir à la robotisation complète des opérations de récolte dans les années à venir mais pour les opérations de taille, il semble que le travail manuel reste nécessaire.




Pourquoi les barres de coupe ne suffisent-elles pas pour la taille ?

Les barres de coupe montées sur tracteur se limitent à réduire le volume de végétation sans aérer la frondaison et supprimer les bois porteurs. Elles amputent sérieusement la croissance des jeunes plants et favorisent également la subsistance de gros bois qui ne produisent pas au détriment des branches souples fructifères. Aujourd’hui encore, rien ne remplace le coup de main et le savoir-faire de l’oléiculteur !

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